Appel à Contributions: Racialisation du refuge, contextes de réception, et espace d’étiquetage du statut

APPEL À COMMUNICATIONS

Racialisation du refuge, contextes de réception, et espace d’étiquetage du statut

Numéro spécial de Refuge : revue canadienne sur les réfugiés

Directeurs scientifiques invités :

Christopher Kyriakides, Dina Taha, Rodolfo D. Torres, Carlo Handy Charles

Le jeu réciproque entre la racialisation et la " figure du réfugié " reste sous-exploré dans les études sur les réfugiés. Les universitaires travaillant sur la migration forcée reconnaissent que l'obtention du statut de réfugié - jugée condition légalement requise pour être admis à un " refuge " dans les contextes de réception " occidentaux " - s'accompagne obligatoirement de signifiants sociaux et culturels négatifs. Cependant, que " ceux qui ont un statut de réfugié " doivent négocier ces signifiants négatifs comme une condition d'acceptation ou de refus de leur " déplacement " et de leur " réinstallation ", nécessite de comprendre pleinement les contextes de réception racialisée. Par ces derniers, nous faisons référence aux espaces d'étiquetage du statut orientés par des racismes orientalistes et primitifs. Cet état de fait est particulièrement probant dans le contexte de l'après 9/11, dans lequel les interventions " humanitaires " et militaires mondiales et les politiques/procédures locales de surveillance sont liées à des construits de menace, qui incluent la " guerre à la terreur ", la " sécurité ", les " pseudo-demandeurs d'asile ", et ces divers tropes de " secours par l'Occident " antérieurement mobilisés autour du thème " sauver le tiers-monde ". À l'intérieur de l'espace racialisé contemporain se situe la " crise mondiale des réfugiés ", ou discours de crise par lequel le refuge racialisé considère ses cibles comme des " victimes passives " à sauver et/ou des " parias " suspects. La recherche qui questionne la passivité et l'organisation dans des oppositions binaires " forcé/non forcé ", " volontaire/involontaire ", " actif/proactif ", " économique/non économique ", attire notre attention sur certaines des difficultés qui surgissent quand on essaie d'élaborer une lecture du monde opposée aux construits négatifs. " Percevoir " les réfugiés comme des êtres " résilients ", " stoïques ", " inventifs " et, particulièrement ces derniers temps, comme des " migrants sans motifs économiques ", ou encore comme faisant partie de " mouvements mixtes " plus complexes/hétérogènes, doit être aussi percevoir que le " positif " est contextuellement délimité par des facteurs politiques et historiques définissant les paramètres de représentations valides qui, toutes, peuvent être activement contestées par ceux qui endossent ces construits " victime/paria ". Trois questions concernant trois domaines fondamentaux liés à la racialisation et à la " crise mondiale des réfugiés " méritent ainsi d'être explorées et discutées de manière plus approfondie :
1. Quels sont les processus locaux-mondiaux (social, politique, culturel et économique) de réception racialisée qui font le lien entre " statut officiel " et " étiquette non officielle " ? Comment et pourquoi des contextes de réception racialisés se manifestent-ils et comment ces manifestations sont-elles liées au " statut de réfugié " ?
2. Comment les réceptions racialisées des réfugiés provenant de contextes " d'envoi " du " Sud mondial " et de l'" Est mondial " peuvent-elles être convergentes ou divergentes ? Quels sont les paramètres temporaux et spatiaux de représentations négatives et positives à l'intérieur de l'espace racialisé d'étiquetage du statut ? Ces paramètres sont-ils permanents ou fixés ? Si ce n'est pas le cas, comment des signifiants évolutifs pourraient-ils refléter les hiérarchies de la réception racialisée contemporaine dans l'" Ouest " ?
3. Les contextes de réception racialisée " déterminent-ils " indéfiniment " celui qui reçoit le statut de réfugié "? Ou bien existe-t-il une forme de vie, " subalterne " ou autre, construite à travers une contestation subjective au sein/en dehors de ces contextes? Si c'est le cas, comment et par qui cet espace autre est-il déterminé?

Refuge : revue canadienne sur les réfugiés lance un appel pour des communications qui explorent l'un ou plusieurs de ces points fondamentaux, quelle que soit la discipline dans laquelle travaillent les auteurs. Les communications de théorie " pure " seront également prises en considération; cependant, les contributeurs doivent s'efforcer d'y inclure des données empiriques (qualitatives, quantitatives, ou les deux) élaborées dans le cadre de leur propre travail ou provenant d'articles préalablement publiés par d'autres universitaires, et faire part de leurs réflexions sur les données présentées. Nous n'avons pas de préférence pour des régions ou des localités particulières et admettons que la " réinstallation " n'est pas confinée aux contextes de réception " occidentaux ". Nous admettons aussi les multiples espaces d'étiquetage du statut orienté par des conflits qui concernent le " déplacement " et la " vie dans un camp ", dans lesquels les " réfugiés " doivent souvent être reconnus par des civils de la même origine (déplacés ou non), des groupes militaires ou des milices, des ONG internationales, des organismes de bienfaisance, des agences comme l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, mais aussi les gouvernements et les populations " hôtes " du deuxième pays; nous admettons enfin que ces espaces peuvent être en conflit avec, ou converger vers, les espaces d'étiquetage du statut du troisième pays de réinstallation. Nous sommes donc ouverts aux contributions qui étudient la production, la négociation et la contestation de la réception racialisée et concernent le " déplacement " et/ou la " réinstallation ".

Les questions et les préoccupations à envisager dans ce numéro spécial pourraient inclure (mais sans y être limitées) les thèmes suivants :
- Nationalisme, immigration et appartenance racialisée
- Titrisation racialisée
- Crise racialisée : crise des réfugiés ou crise de l'État-nation?
- Guerre contre le terrorisme, islamophobie et opposition à l'immigration
- État prison
- Murs frontaliers et Grandeur de l'Amérique
- Multiculturalisme canadien
- La forteresse Europe
- Colonisateur et colonisé
- Contextes de réception du " Sud mondial " et de l'" Est mondial "
- Interventions impérialistes, infrastructures et production racialisée de réfugiés
- " Vilainisation " et victimisation
- Sujets de force : guerre, violence et construits de conflit
- États de " bien-être " et " fraudeurs d'asile "
- Récits des traumatismes : médicalisation et psychologisation
- Le rôle de " producteurs de sens " dans la production racialisée des étiquettes (p. ex., médias, politiciens, ONG, institutions internationales, participants aux médias sociaux, etc.)
- Étiquetage racialisé : contestation, subversion, inversion, résistances
- " L'industrie des réfugiés " racialisée
- Puissance, hégémonie et la construction racialisée de la loi
- Les politiques linguistiques de la représentation racialisée

Date limite de soumission : 1er mars 2018

https://refuge.journals.yorku.ca/index.php/refuge/about/submissions

Avant de soumettre votre article, veuillez lire soigneusement les directives aux auteurs.  Les articles feront d'abord l'objet d'un examen éditorial, puis d'un examen en double aveugle par des pairs. Date prévue de publication : Début 2019.