Human Rights and Refugee Protest against Immigration Detention: Refugees’ Struggles for Recognition as Human

Lucy Fiske

Abstract


Abstract

When detainees go on hunger strike or riot or occupy the roofs of detention centres, their actions are usually narrated by governments keen to discredit them and their actions as criminal and manipulative and evidence of their barbarity and difference. A secondary, counter-narration is provided by detainee supporters who explain the actions as evidence of detainees’ distress and deteriorating mental health. The voices of the actors themselves, people held in detention and taking protest action, are rarely heard in depth. Drawing on in-depth interviews with refugees formerly held in Australian immigration detention centres, and the works of Hannah Arendt, this article argues that  the experience of immigration detention is fundamentally dehumanizing and that while detainee protest was aimed at attaining certain material outcomes, it also served important existential functions. The fact of protest was a rejection of a powerless state, a way for detained refugees to experience their own agency and, with it, restoration of some of the “essential characteristics of human life” and a means to use their reduction to “bare humanity” as a basis for insisting upon a place in the polis.

Résumé

Lorsque ceux qui sont détenus s’engagent dans des grèves de faim ou des émeutes, ou encore occupent le toit des centres de détention, leurs actions sont reformulées par des gouvernements, motivés par le désir de les dénigrer, en récits qui mettent en évidence leur prétendue criminalité, leur volonté manipulatrice, leur barbarie et leur différence. Un deuxième courant qui va à l’encontre de ces récits est véhiculé par les sympathisants des détenus, et consiste à montrer que leurs actions découlent de la détresse qu’ils ressentent et de la détérioration de leur santé mentale. Cependant les voix des actants eux-mêmes, notamment ceux qui sont détenus et s’engagent dans des actions de contestation, se font rarement entendre d’une manière significative. En se basant sur des entrevues en profondeur avec des réfugiés détenus antérieurement dans des centres de détention pour immigrés en Australie, ainsi que sur l’oeuvre de Hannah Arendt, cet article avance que l’expérience de la détention d’immigration est profondément déshumanisante, et que les actes de contestation de la part des détenus, bien qu’ils visaient dans un premier temps certains objectifs matériels, remplissaient également des fonctions existentielles importantes. Le fait de contestation  représentait le rejet d’un état d’impuissance, un moyen par lequel les réfugiés détenus pouvaient ressentir leur propre volonté d’action, et conséquemment, un rétablissement de certaines « caractéristiques essentielles de la vie humaine »
(“essential characteristics of human life”). C’était également une façon de se servir de leur réduction à un état d’humanité dénudée (“bare humanity”) pour insister sur leur place dans le polis ou communauté politique dans lequel ils se trouvaient.


Keywords


Hannah Arendt, detention, bare life

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